Jesus back
Où les super-pouvoirs sont finalement une vieille resucée de l'Histoire.

American Jesus #1 : Chosen.
Initialement publié chez DarK Horse à partir de 2004, réedité en TPB chez Image récemment. Image sort pas mal de daubes mais aussi de nombreuses perles comme Fell (dont j'attends toujours la suite tant l'art de Templesmith et l"écriture de Warren Ellis m'ont fascinés) ou The Walking Dead (qui devient poussif mais je m'accroche).
Au scénario, Mark Millar (The Autority, Civil War, Superman : Red Son), aux crayons Peter Gross (Fables, Books of Magic).
Le pitch
Jodie Christianson a 12 ans. Une bonne tête de blondinet américain. Une bourgade quelconque du middlewest.
Un accident. Un truck lui tombe d'un pont sur le coin de la gueule. Littéralement.
Jodie en ressort indemne. Même pas un coup de mercurochrome.
S'en suivent des phénomènes prophétiques. Jodie transforme l'eau en vin. Multiplie les poissons. Guéri les malades.

Et ça commence à craindre pour lui. Piégé entre ses adeptes, les rancoeurs, l'incompréhension et le mutisme de ses parents. Bonjour madame, bonjour monsieur, votre fils est la réincarnation du Christ.
Des gens d'la ville s'intéressent à lui. Un personnage éminemment étrange, grosse huile de Washington...Je ne vous cache rien puisqu'on en sait pas beaucoup plus.
Millar a été pas mal booké depuis 4 ans. L'histoire est restée dans un coin de sa tête mais, à en lire les diverses interviews, le tout devrait être torché en une trilogie (3 fois 9 "issues").
"I don't want to spoil the ending of 'Chosen' for anybody who hasn't read that, but the second volume is about the adult Jesus in the modern day walking around in the world of Guantanamo Bay and conservative Republicans running Americans who don't have that much in common with a 2000-year old Judean idea of what Christianity is. It's Jesus in the modern world, and they crucified him last time, so it's kind of updating that for the modern world."
Un comic qui parle de religion, chrétienne, un héros dont les pouvoirs sont dans la symbolique plutôt que dans la destruction et l'ordre moral ? Moi aussi j'ai douté, mais, après lecture, je le mets facile dans le Top 10.
Et pourquoi pas ? Si le Chef l'exige...
Jodie : Why can't you accept the simplest explanation of what's happening here, father ?
Father Tom O'Higgins : Because unlike teh rest of this town, i seem to be immune to mass hysteria.
Jodie : What you mean is you're the one guy in town who doesn't believe in God.

Les textes sont bien sentis, pas d'effets classiques sur les accents comme dans Preacher. Tout est juste. Alors que la situation devrait prêter le flanc au cynisme ou à la rigolade détachée, j'ai plongé facilement, la couleuvre s'avale, les réticences post-catéchisme n'ont même pas affleurées.
Le trait de Peter Gross est simple, comme les couleurs, beaucoup de pastels.
Mon vendeur préféré m'expliquait que l'âge du lectorat avançant, ce type de procédés était apprécié.
A l'inverse, chez les mini d'jeun's, en sus d'un goût - quoi de plus normal - pour la testostérone kryptonique, l'oeil se portait sur des choses bourrées de traits, de détails et de gros nibards.
Lanfeust a fait à la BD ce que Justice a fait à l'electro. De la junk food culturelle.
Et même si j'en mange, j'ai la dalle une demi heure plus tard.
NB : en bonus, 6 pages d'interview de Millar et Gross qui lâchent quelques pistes sur la suite. Mais euh...l'est pas un peu mystique l'écossais Millar ?
Palabres